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The Trip Out, Clopton, GB

The Trip Out, Clopton, GB

Qu’est-ce qui colle mieux qu’un grand bol de porridge pour démarrer une virée à deux roues en direction de la Grande Brexitagne? La vraie question est de savoir pourquoi je fais ça – et à quatre heures du matin?

Mais le ferry est réservé, le GPS est réglé et prêt à m’indiquer le chemin. Je sangle le casque, démarre le Shovel et laisse cette tête de pelle faire chauffer un peu son huile. Les heures matinales étant plutôt très fraîches, une pause café, croissant, essence me fait aussi le plus grand bien, d’autant qu’à l’approche de la frontière française le réservoir avait méchamment soif. Plus loin, de sympathiques autochtones font tout leur possible pour qu’on arrive à temps jusqu’au ferry.

On roule ensuite à gauche sur l’autoroute,

jusqu’à ce que la petite voix intérieure nous suggère de prendre les routes de campagne. Et ces Anglais en connaissent un rayon en matière d’ambiance rustique. Le Shovel cruise ainsi à travers champs, passant par des pubs alléchants et des villages folkloriques, jusqu’à ce que la destination soit en vue : un ancien terrain d’aviation abandonné, datant de la Seconde Guerre. Le site est immense, pittoresque, avec des meutes de vieilles Harley et de bécanes anglaises qui vont et viennent dans une symphonie de décibels mécaniques. Ce qui fait ici toute la différence, c’est que les bécanes sont faites pour rouler. Pas de reines de shows, n’importe laquelle de ces brêles peut prendre la route immédiatement. Ma préférée n’est pourtant pas un custom, mais un vieux Sportster des sixties sorti de grange, avec tout juste 7000 miles au compteur. Parfaitement rouillé sur les bords, une authentique Harley comme on n’en fait plus. Il y avait là suffisamment de pots relevés pour mettre en danger l’aviation civile, de bonnes et belles Indian vintage, des anglaises antiques ou plus récentes, des japonaises bien cool, de superbes Knuckles ou Pans, des Shovels un peu partout et des Sportster à gogo. Si vous ne trouvez pas l’Harley de vos rêves ici, c’est que vous avez autant d’octane dans le sang qu’un seau de lait entier.

Si vous avez oublié d’amener votre casquette en laine,

vous pouvez en trouver chez l’un des nombreux stands de vendeurs sur place. Et une chose est certaine, on en a besoin ici. Le soleil brille entre deux averses, les nuages venus du nord traversent le ciel automnal, mais cette saison arrive avec de l’avance et il est chaudement recommandé de doubler toutes les couches de vêtements. Dans un autre secteur, on peut chiner des pièces détachées, acheter des soupes chaudes, des fish and chips et des boissons (OK, dix variétés de bières différentes ne changeront pas grand-chose à votre température corporelle, mais au moins vous oublierez un peu le froid ambiant). Tout ceci étant disponible à quasiment n’importe quelle heure du jour et de la nuit.

Pour ceux qui veulent se réchauffer en dansant,

l’excellent choix de groupes par Anna et Andy ne risque pas de vous décevoir. Moto Vamp, The Snakerattlers ou encore Admiral Sir Cloudesley Shovell, avec entre les concerts les fantastiques numéros des Meyer Dancers et leurs contorsions à vous faire grimper le thermomètre intérieur.

Sur le chemin du retour, le Shovel tourne comme une horloge entre deux pleins d’essence. Mais à quelques bornes de la maison, une pluie torrentielle s’abat sur nous, sans même me laisser la moindre chance d’enfiler la tenue imperméable. Je suis trempé jusqu’aux os, congelé et bien misérable dans l’ensemble. Ce qui pose de nouveau la grande question : pourquoi donc faisons-nous cela ? La réponse, mon pote, se trouve quelque part dans le vent qui souffle dans les cheveux…